SOMMAIRE RUBRIQUE

Conférences

Conférences Méditerranéennes
Journée S-Eau-S
Université Européenne d'Eté
Séminaires Perlé

Films

RESSOURCES

Pour visionner les conférences :
télécharger Adobe Flash Player

Conférences Méditerranéennes

Conférences recueillies à l’occasion de nos séminaires ou de prestations de personnalités scientifiques proches de nos préoccupations thématiques.

Haute Ecole des Terroirs Méditerranéens
Séminaire international : les 2 et 3 juillet 2009 au CIRAD (Paris, France)

La signalisation des terroirs. Pourquoi ? Comment faire ? Concepts, méthodes, pratiques et témoignages

Programme
Participants

Les vidéos de l'ensemble des interventions sont disponibles

Introduction à la signalisation des terroirs
Leviers de création de valeur et maîtrise des signes
Points de vue
Les signes de qualité comme facteur de compétitivité et de développement local
Quelle coordination à l'échelle du bassin méditerranéen ?
Autres interventions (à suivre...)
Principales conclusions

 

Allocution de bienvenue
Vincent Dollé (Directeur du CIHEAM-IAMM)

Présentation du Séminaire : rappel du Séminaire de Parme sur « la qualité et la sécurité alimentaire » organisé par le CIHEAM et l’EFSA en 2007 et du Séminaire international d’Antalya sur « les produits du terroir et les indications géographiques » organisé par l’Université d’Akdeniz et le CIHEAM en 2008. Dans la continuité de ces réflexions et des publications et travaux sur le terroir, le programme approfondit la réflexion sur la signalisation de la qualité et la création d’un label « Terroirs Méditerranée ».
Visionner la vidéo

Jeudi 2 juillet 2009

Table Ronde 1 :
INTRODUCTION A LA SIGNALISATION DES TERROIRS

Président de Séance : Michel Petit (Professeur associé, CIHEAM-IAMM)

La signalisation de la qualité suppose un effort de différenciation et un travail sur l’ élasticité de la demande. La signalisation de la qualité par les indications géographiques constitue un sujet traité à l’Organisation Mondiale du Commerce dans le cadre de l’Accords sur les Droits de Propriété Intellectuelle Relatifs au Commerce (ADPIC) : pas de consensus à ce jour , mais proposition majoritaire de 108 pays demandant l’ extension de la protection aux produits autres que les vins et spiritueux.
Visionner la vidéo

Les liens au terroir : les contrats territoriaux et les instruments de différenciation dans le marché mondial
Bertrand Hervieu (Secrétaire Général du CIHEAM)

La promotion de la qualité et des indications géographiques est un des 4 thèmes prioritaires qui figure à l’agenda des Ministres de l’Agriculture en Méditerranée. Ce thème est complexe car il suppose un approche multidisciplinaire (paysages, conservation et valorisation des terroirs, commercialisation des produits, protection par les droits de propriété intellectuelle, différenciation économique etc.). Malgré les difficultés, ce thème est central car il aborde la question des politiques de «reterritorialisation» (relation producteurs, production et territoires). Les contrats territoriaux mis en œuvre en France en 1999 fournissent des exemples d’ approches individualisées de contrats par filières.
Lettres de veille du CIHEAM
Visionner la vidéo

L'agriculture de qualité et les signes distinctifs : les orientations de l'Union Européenne : le livre vert et la politique de voisinage, UE
Luc Berlottier (Administrateur DG Agriculture et développement rural, Commission Européenne)

Les trois systèmes législatifs communautaires (agro-alimentaire, vins, spiritueux) sont en cours d’harmonisation ce qui facilite les correspondances avec les règles de l’OMC. Par ailleurs, de nouvelles procédures relatives à l’examen des motifs absolus (validité) et des motifs relatifs (objection) contribuent à établir l’existence de droits antérieurs (coordination du droit des marques et des appellations). Plusieurs scénarios d’évolution sont en cours d’examen dans le cadre de la mise en place du «Livre vert»:
- Fusion possible des 3 registres
- Conservation des systèmes nationaux avec des passages coordonnées vis à vis du système communautaire
- Intégration des critères de développement durable dans les cahiers de charges
Voir http://ec.europa.eu/agriculture/quality/index_en.htm
Les conclusions du conseil du 22-06 -2009 ne sont pas encore publiées.
A noter que l’extension aux autres produits demandée par les pays en développement suppose deux directions générales de l’UE trouvent un terrain d’entente.

Visionner la vidéo
Télécharger le diaporama

Les IG dans le cadre multilatéral : bilans et perspectives
Pierre Arhel (Conseiller, Division de la Propriété Intellectuelle, OMC)

Les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce relatives à la protection des signes de qualité sont traitées en particulier dans le cadre de l’Accord sur les Droits de Propriété Intellectuelle relatif au Commerce (ADPIC). Les vins et spiritueux bénéficient d’une protection additionnelle. La Communauté européenne, ainsi que divers autres membres de l'OMC demandent l'extension de cette protection additionnelle à tous les produits. Par ailleurs, des négociations sont en cours sur la création d'un registre des indications géographiques, mais elles bloquent sur les questions relatives aux effets juridiques de l'enregistrement et sur la participation au système. Quelque 108 Membres de l'OMC ont récemment présenté une proposition couvrant tous les sujets "propriété intellectuelle" actuellement débattus à l'OMC (indications géographiques et brevets) afin de faire avancer les discussions, mais ils se heurtent à une forte réticence de divers pays opposés à une modification de l'Accord sur les ADPIC.
Visionner la vidéo
Télécharger le document

Les IG et les marques : évolutions internationales
Marie-Paule Rizo (Juriste principale, Division du droit et des classifications internationales, OMPI)

Le principe de territorialité du droit fait que la protection à l’international doit être adaptée en fonction des systèmes offerts dans chaque pays. Certains pays protègent les IG par le droit des marques, en tant que marques collectives ou de certification. D'autres pays les protègent également par un système sui generis. L’Arrangement de Lisbonne est le seul traité international actuel relatif aux Indications Géographiques qui dispose d’un registre pour tous les produits. La protection vaut pour les produits destinés à l’exportation afin d’éviter les usurpations de noms (ex : Chianti, Parmegiano Reggiano etc..), mais peut également servir localement pour fournir une antériorité de nom sur un produit réputé qui peut prendre de l’importance dans le temps (exemples de la Feta en Grèce, ou du Bulgur en France). Veiller à ne pas dévaloriser le système : le lien au terroir doit être maintenu.
Visionner la vidéo

Enjeux de la qualification : diversité des démarches possibles ?

Jean-Pierre Boutonnet (INRA/SAD, professeur associé CIHEAM-IAMM, UMR Innovation)
Visionner la vidéo

Hélène Ilbert (Enseignant-Chercheur, CIHEAM-IAMM, UMR Moisa)

Les démarches de signalisation des terroirs suivent des trajectoires historiques contrastées. Les pays européens, sous la pression des producteurs, ont infléchi des formes de revendication particulière de reconnaissance des liens entre le terroir, les producteurs et leurs savoirs faire. Les pays en développement quant à eux conduisent des politiques nationales de défense des territoires souvent liées à des revendications économiques (protection contre le bio-piratage ou exigences de contre-parties pour la préservation de la biodiversité). Questions pour un débat, à approfondir...
Visionner la vidéo

Rapporteur : Vincent Dollé (Directeur du CIHEAM-IAMM)


Table Ronde 2:
LEVIERS DE CREATION DE VALEUR ET MAITRISE DES SIGNES

Modérateur : Jean-Pierre Boutonnet (INRA/SAD, professeur associé CIHEAM-IAMM, UMR Innovation)

La filière viande : qualification par les appellations d’origine : filières et terroirs au centre de la préoccupation locale en Tunisie : le cas de la viande de bovins de race Tarentaise et de viande ovine (agneau de race Noire de Thibar)
Karim Daoud (membre du bureau exécutif de l'Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche)

Démarche de compétitivité et de caractérisation de produits spécifiques en vue de la valorisation de l’origine. Les expériences conduites par les éleveurs de la viande bovine d’origine noir de Thibar ont débouché après de nombreuses années d’études économiques et d’accompagnement juridique à la décision de déposer une marque de certification sur la viande noir de Thibar. Ce signe de qualité permet de valoriser une race animale localisée sur un territoire étendu (Cap Bon et Nord Tunisie) et appréciée pour sa qualité. La création d’un groupement de qualité chargé du contrôle et du suivi de la filière engendre une approche partenariale y compris vis à vis des distributeurs. La création de la marque de certification devrait diminuer le pouvoir d’intervention de l’Etat qui limite les niveaux de prix. Certains problèmes techniques ( traçabilité, passeport, définitions des lots, transports et baisse du stress des animaux, niveau de l’hygiène des abattoirs, chaîne du froid, absence de dégustateurs et de guides gastronomiques) et réglementaires (loi existante sur le biologique du 5 avril 99 et loi sur IG, mais pas de règlement qualité) restent à être résolus pour pouvoir avancer.
Visionner la vidéo
Télécharger le résumé

L’organisation de la filière fruits et légumes européenne : enjeux de visibilité et d’efficacité
Joaquin Maestre Albert (Président de l'association des Régions Européennes de Fruits, Légumes et Horticulture (AREFLH))

L`AREFHL regroupe 29 régions européennes de fruits et légumes en vue de représenter, défendre et promouvoir les intérêts communs des régions productrices de fruits et Légumes, dans l’économie européenne et mondiale et dans le cadre de l'Union Européenne élargie. La filière de fruits et légumes européens se positionne favorable a la qualité et la différenciation (DOP; IGP, etc.), et elle constate que la grande distribution valorise mal la qualité et impose des systèmes de certification privés contraignants. Les coûts de contrôle sont élevés et s’ajoutent aux démarches volontaires de signalisation par les appellations d´origine. L`AREFHL avait proposé une« norme de production intégrée » comme discipline de production prenant en compte différents paramètres (utilisation rationnelle de l’eau, préservation de la biodiversité etc.). L`adoption de cette norme en tant que disposition législative par l`Union Européenne est une demande qui reste à ce jour sans réponse. Par ailleurs, l`AREFHL exige plus de transparence dans les systèmes de certification « privés » et une plus grande clarté dans les systèmes d`assurance qualité. Enfin, une réciprocité des contraintes sanitaires et phytosanitaires devrait être appliquée à tous les pays afin de garantir l`équivalence de traitement à l`échelle internationale.
Visionner la vidéo
Télécharger le document

Point de vue d'un scientifique
Valoriser les produits et spécialités locales : une dynamique générale et foisonnante dans les Suds (Bilan du colloque Unesco/IRD "Localiser les produits")
Bernard Roussel (Professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle, UMR "Patrimoines locaux", MNHN/IRD)

Les initiatives de valorisation des spécialités locales sont de plus en plus nombreuses.
- Les objectifs sont larges : patrimoine immatériel, valeurs identitaires (autochtonie et réappropriation du développement local), valeur environnementale, économique, développement rural, tourisme rural (panières de biens et de services)
- Les instruments sont divers : outils de protection juridique, environnemental, outil de défense du patrimoine bio culturel collectif avec insistance du lien entre territoire et appartenance politico culturelle (Ex. indiens Amara du Pérou)
- Les impacts sont peu mesurables, mais certains effets transformant les équilibres socio-économiques ont été soulignés (ex. des oignons au Niger avec une recomposition sociale du travail des femmes et des industries ou ex. de l’arganier et du « remembrement » paysager et industriel en cours).

Visionner la vidéo
Télécharger le résumé

Point de vue d'un producteur
Les IG : un outil adapté pour la défense des producteurs et la défense par les agriculteurs de leur droit à produire. Le cas du Pruneau d’Agen
Christian Amblard (Directeur du Syndicat du Pruneau d'Agen)

Ce sont les producteurs et non les partenaires industriels ou commerciaux, qui ont construit le dossier l’indication géographique « pruneaux d’Agen » dans les années 1990 (dix ans de travail) face à une menace économique forte : avec l’ouverture en 1993 des frontières de l’UE, il était vital d’obtenir un titre de protection juridique  contre l’usurpation du nom par le Chili et l’Argentine qui prétendent que c’est un nom variétal et qui vendent à bas prix sur le marché européenne sous le nom « pruneau d’Agen (ces derniers ont des coûts de main d’œuvre sans comparaison : Californie 1pour 2, Argentine 1 pour 5, Chili 1 pour 3).
Le choix de l’Indication Géographique résulte d’un travail d’analyse : une marque collective aurait supposé l’accord unanime de l’ensemble de l’interprofession, ce qui n’était pas le cas. L’IG répond à l’histoire de producteurs soucieux de préserver leur lien au terroir.  Elle permet les attaques en contre façon.

Visionner la vidéo
Télécharger le résumé

Point de vue d'une association intermédiaire de développement
Le co-développement suppose des dynamiques relationnelles et des échanges maîtrisés
Jamal Lahoussain (Fondateur de Migrations et Développement)

Cette association de migrants a d’abord travaillé sur les infrastructures avant de s’attaquer aux activités génératrices de revenu.  La culture du safran, comme de l’argan permet  la valorisation des produits, mais également la protection du paysage et le développement local par l’agro-tourisme (auberges, restauration, artisanat etc.).  Le fait que le gouvernement organise un contrôle de qualité au niveau national et protège l’ensemble de la biosphère de l’argan (Décret et association Amigha créée en 2009) montre l’importance prise par les activités liées aux terroirs. Reste que les organisations de producteurs et que les coopératives de femmes ont besoin d’être accompagnées pour valoriser leur savoir faire et en garder la maitrise.  Des échanges entre producteurs devraient facilier l’organisation de la qualité.
Des formations sont en cours avec la FAO, mais devraient être complétées par  des actions ciblées :
- Etudes complémentaires sur les stratégies de marketing en fonction des différents types de terroirs (safran de Taliouine, Argan d’Essaouira etc…) ; Etudes sur les qualités techniques et organoleptiques.
- Formations continues ad hoc (Suite des travaux FAO) avec échanges de formation en France (formation couplant le théorique et le pratique sur les questions juridiques, commerciales et techniques des cahiers de charges etc. ).
- Formation croisée culturelle et historique : mémoires et paysages pastoraux avec circuits étudiants marocains et français et plus particulièrement entre les régions du Sous et du Languedoc (présence de migrants de la région du Souss dans la région de Montpellier).

Visionner la vidéo

Point de vue d'un opérateur
Promotion des exportations alimentaires par la qualité : le cas des dattes en Tunisie
Mohsen Boujbel (Managing Director SA VACPA)

La datte est un produit festif et religieux et un patrimoine culturel. Elle est aussi une filière commerciale qu’il faut savoir valoriser et commercialiser (10 000 Tonnes de dates sur 30 pays au monde commercialisée pour un marché mondial de  6 millions de tonnes, soit le double de l’huile d’olive).
Pour  l’entreprise privée, Boujbel, le premier souci  est d’être écouté du consommateur. Pour que la filière offre une production de qualité à la clientèle, il faut  construire un partenariat durable avec les producteurs (centres de production et de collectes avec relations producteurs avec un service agronomique…).Vient ensuite le souci de répondre aux exigences du marché mondial (normes Eurepgap, IFC, ISO 22000, Agriculture Biologique, Commerce équitable etc.).Enfin, les relations avec la distribution  supposent une gestion personnalisée pour que les nouveaux produits de terroir trouvent une place en rayon.
Une dénomination méditerranéenne  avec certains produits emblématiques, comme l’huile d’olive ou les dattes, pourrait favoriser les complémentarités transfrontières (Deglet Nour de Tunisie et d’Algérie avec sécurité d’approvisionnement)  et pourrait créer une dynamique commerciale méditerranéenne à condition de veiller aux poids des importateurs et des exportateurs et à condition de veiller aux prix et aux marchés locaux.

Visionner la vidéo

Débat, Rapporteur : Emilie Vandecandelaere (Expert qualité spécifique (AGNS), FAO)

Vendredi 3 juillet 2009

Table Ronde 3 :
LES SIGNES DE QUALITE COMME FACTEUR DE COMPETITIVITE ET DE DEVELOPPEMENT LOCAL

Synthèse des débats de la veille
Vincent Dollé (Directeur du CIHEAM-IAMM)

Les témoignages des acteurs économiques (producteur, groupement, marchand et fédération européenne) convergent quant aux motivations économiques, moteur des initiatives :
- Lorsqu'une menace existe (usurpation)
- Pour différencier sur le marché
- Pour réserver l'usage d un nom (attention aux abus possibles en positions dominantes).
Cependant les problèmes de valeurs ajoutées ou de prix, ne doivent pas diminuer l'importance de la valeur culturelle, territoriale ou patrimoniale des terroirs. La réputation doit être existante pour fonder toute démarche de développement de produit typique. La stratégie collective doit s'appuyer sur le développement de compétences afin d'éviter des problèmes de captation  (les producteurs doivent être partie prenante de la démarche).
Des  actions de formation sont nécessaires face à la diversité des signes et des normes (iso, eurepgap, Ifs, IG, bio, équitable, labels etc.). Les efforts d'harmonisation en cours en UE et à l'OMC supposent le respect de nouvelle normes.  Ces convergences réglementaires et techniques favorisent une meilleure visibilité, lisibilité et légitimité des signes. Les choix en termes de marchés ou en terme de développement local durable se font au cas par cas et les stratégies de long terme se construisent en fonction des objectifs particuliers.

Vers une marque ombrelle des produits méditerranéens : le projet IPEMED
Jean-Louis Rastoin (Montpellier SupAgro, UMR Moisa)

Pour se positionner  sur le marché mondial, mais aussi pour « reconquérir » les marchés intérieurs, la commercialisation des produits du terroir méditerranéen peut constituer une « modèle alternatif de proximité ». Les réflexions en cours conduites dans le cadre d’IPEMED conduisent à promouvoir une marque ombrelle  collective des « Terroirs Agricoles Méditerranéens » (TAM).  Le regroupement entre AOP et IGP  et d’un manière générale IG sous un même label favoriserait les alliances et la visibilité des produits méditerranéens à forte typicité. Une démarche pour augmenter les parts de marchés de "nos" produits méditerranéens, suppose la mise en place  d'un programme volontariste pour faire bénéficier localement des retombées du marché. Ce label régional à l’échelle du bassin méditerranéen pourrait être en mesure de mobiliser des moyens suffisants pour construire une notoriété au plan international et devrait garantir aux entreprises de terroir de ne pas être délocalisées et en conséquence de maintenir une activité économique et donc des emplois en milieu rural.  Reste à approfondir les critères déterminant le périmètre de la marque ombrelle collective, le portage de la marque et l’articulation avec les règles internationales.
Visionner la vidéo
Télécharger le résumé - le diaporama

Le potentiel des IG à l’international
Massimo Vittori (Secrétaire Général d’Origin)

L'association OriGIn fédère plus de 100 associations de producteurs venant d'environ 40 pays. OriGIn a comme objectifs la promotion des indications géographiques comme outil de développement durable et l'établissement d'un cadre juridique international plus efficace pour la protection des IG. En particulier OriGIn est en faveur de l'extension de la protection dont jouissent déjà les vins et spiritueux à l'ensemble des produits agricoles et de la création d'un registre multilatéral ouvert à tous les produits du terroir, y compris l'artisanat. Pour les producteurs, il en va de l'aptitude à s'élever contre des usurpations de nom (ex. des Tortas des Almendras, « style Turon de de Alicante », des « Pruneaux d'Agen d'Argentine » ou du « Parmesan du Mexique » etc.). La recherche d'un accord à l'OMC est vitale dans le cadre du marché mondial et un réseau de producteurs en Méditerranée est nécessaire pour que les pays se positionnent clairement lors des négociations globales de Doha.
Visionner la vidéo
Télécharger le diaporama

Débat, Rapporteur : Hélène Ilbert (Enseignant-Chercheur, CIHEAM-IAMM, UMR Moisa)


Table Ronde 4 :
QUELLE COORDINATION A L'ECHELLE DU BASSIN MEDITERRANEEN

Modérateur : Hélène Ilbert (Enseignant-Chercheur, CIHEAM-IAMM, UMR Moisa)

Dynamique régionale et identité territoriale : Maestrazgo et Aragón
Matéo Andrés Huesa (Directeur du Réseau Aragonais de Développement Rural)

La région du Maestrazo, ancienne région de templiers avec seulement 3 hbts au km2, a su s’organiser pour valoriser son patrimoine local en favorisant un mode de gouvernance décentralisé des savoirs faire des gens. Le travail porte sur l’organisation sociale dans tous les domaines et vise à favoriser la dynamique régionale avec une mise en liaison des écoles, des cuisines, des terroirs et un souci de communication et de mémoire entre les générations. avec une charte de communication partagée.
La création du Parc naturel Maestrazo a été accompagnée par l’obtention d’une marque et d’un label Unesco. Les techniques modernes de protection juridique et de communication sont des outils d’accompagnement d’une dynamique de décentralisation et d’organisation des « comarcas ». Les petites organisations et associations locales sont soucieuses du maintien du développement local et ont une  capacité d’imagination  tout en étant doté de moyens communs de communication et de protection, voire d’identité locale ( vente directe par internet : production /distributeur final ;fêtes locales pour cent personnes ; grandes campagnes touristiques ; dépliants etc…). La création de marchés extérieurs et de circuits de vente  à l’intérieur ont permis la création de 7900 postes de travail.
Visionner la vidéo
Télécharger le résumé

La marque collective Sud de France : une identification régionale qui fédère les démarches
Marie Tchakerian (Directrice de l'Economie Rurale, Littorale et Touristique de la Région Languedoc Roussillon)

La région Languedoc Roussillon a lancé une marque ombrelle pour les vins et  les produits de la région afin de créer une notoriété à l’international et afin de regrouper l’offre des vins et afin de répondre aux touristes   (10 millions tourisme /an) au début des années 2000. La marque ombrelle Sud de France s’est ouverte à d’autres produits et services que le vins. Les metteurs en marché (producteurs fruits et légumes, vins, boissons ) sollicitent la région et demandent  l’autorisation d’utiliser le logo Sud De France. Les utilisateurs de la marque signent un contrat de licence  et la région regroupe aujourd’hui 2200 produits et 400 entreprises. Il s’agit aujourd’hui d’accompagner les entreprises dans leurs efforts de reconnaissance en suivant des critères d’innovation et de dynamisme. La collectivité  dotée d’un budget de promotion de 5,5 millions d’euros par an est organisée à l’exportation ( salons, maisons à l’étranger etc.) et les mesures de notoriété réalisées par sondage  par Sud de France Export attestent d’une progression du chiffre d’affaires des entreprises bénéficiant de la marque.
Visionner la vidéo

Les régions Européennes s’organisent pour internationaliser les IG
Laurent Gomez (Secrétaire Général de l'AREPO)

L’AREPO réunit  24 régions européennes, soit 6% des régions qui regroupent elles mêmes 40% des IG. Les produits d’origine sont liés à des terroirs aux caractéristiques spécifiques et des actions de lobbies sont nécessaires pour faire reconnaître les actions de mise en valeur des terroirs.
Il faut se garder d’une distance aux terroirs (spécialités culinaires non liées aux terroirs ou image de marque du terroir sans lien  avec les actions de production) et défendre les indications géographiques qui rendent impossible la délocalisation.  La réputation et la notoriété d’un produit renvoie au savoir faire local et est un enjeu de développement local.

Visionner la vidéo
Télécharger le résumé

Autres interventions (à suivre...)

Le Conservatoire International de la Cuisine Méditerranéenne
Wajih Karam (Directeur Larissa, Liban)

Le Conservatoire international de la cuisine méditerranéenne vise à sauvegarder la biodiversité alimentaire. Ce travail de protection passe par la mise en place d’un réseau d’ échanges en matière de  cuisine et de diversité des goûts. L’ouverture et le brassage culturel sont  favorisés par la création  de cantines traditionnelles ou de cuisines de rue ou encore de buffets avec réalisation de plats et dégustation des cuisines méditerranéennes. 
Visionner la vidéo

Intellectual property rights for small and medium sized enterprises in the Arab Region
Atef W. Idriss (Directeur général, MEFOSA Beyrouth, Liban)

Télécharger le diaporama

Les Indications Géographiques (IGs) au Liban et le cas du Hummus et du Tabbouleh libanaise
Thana Abu Ghyda (Ministère de l’Economie et du Commerce - MOET)

Le liban est actif en matière d’indication géographique car ce pays est riche en diversité culinaire, mais également en terroirs, paysages et savoirs faire. Des indications géographiques sont à l’étudc pour de nombreux produits et services.
Télécharger le résumé

Cadre législatif marocain de reconnaissance et de protection des signes distinctifs d’origine et de qualité
Bendriss Khadija (Administratrice en chef, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche)

L’huile d’argan, produit emblématique du Maroc, a été reconnu par décret en avril 2009 en tant qu’indication géographique. Ces démarches juridiques et organisationnelles s’appuient sur la loi n25-06 du 23 mai 2008 et valorisent le patrimoine. Il a fallu quelques années pour que le Maroc mette en plan le cadre juridique nécessaire. Aujourd’hui  le Maroc est à même de protéger les produits ou services à forte typicité (après le vins qui bénéficient d’un décret plus ancien, viennent l’argan, l’huile d’olive, le safran de Taliouine, la clémentine de Berkane, etc.). La mise en valeur des produits de qualité spécifique assurent un développement rural durable et répondent aux exigences de qualité des consommateurs.
Télécharger le diaporama

Débat, Rapporteur : Jean-Pierre Boutonnet (INRA/SAD, professeur associé CIHEAM-IAMM, UMR Innovation)

Principales conclusions : CIHEAM-IAMM
(Vincent Dollé et Hélène Ilbert)

Nous avons abordé les raisons des choix poussant à la protection ou à la différenciation par une marque collective, une indication géographique, un label ou une charte touchant aux produits, aux savoir-faire et aux patrimoines locaux. Des signes de protection par les droits de propriété intellectuelle aux contrats territoriaux, les choix sont variés et ont des impacts en termes de conservation et de valorisation des paysages et des activités locales.
Les expériences régionales de signalisation des terroirs une fois rapportées à l¹échelle du bassin méditerranéen prennent des dimensions nouvelles qui rendent complexe toute décision en matière de signalisation : l¹image du terroir et son exploitation économique peuvent transformer « nos » agricultures méditerranéennes en « tiroir-caisse » ou en lieu d¹échanges dynamisé par « la base », comme nous l¹avons longuement discuté.
L¹analyse des avantages et des inconvénients doit donc se poursuivre afin de voir comment accompagner des processus ouverts aux dynamiques du marché mondial tout en étant marqués par l¹identité patrimoniale du régime méditerranéen.
Le site cybermontagne est là pour nous faciliter l'identification et les échanges d'expériences.


Coordination du séminaire :
Hélène Ilbert (Enseignant-Chercheur, CIHEAM-IAMM, UMR Moisa)
Jean-Pierre Boutonnet (INRA/SAD, professeur associé CIHEAM-IAMM, UMR Innovation)

Assistance de coordination :
M. Thirion
(CIHEAM-IAMM)

(mise en ligne le 17 juillet 2009)

IAMM - 3191 route de Mende, 34093 Montpellier cedex 5, France - courriel:iamm@iamm.fr - Tél:[33] (0)4 67 04 60 00 - Fax:[33] (0)4 67 54 25 27
© Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier | Barre d'Espace